LE PAIEMENT DE LEURS FACTURES DIFFERE PAR LA MAIRIE : Les écoles privées de Rufisque Nord gagnées par l’inquiétude
Source : Le Quotidien 22/01/2010 à 22h13
Rien ne va plus entre la commune d’arrondissement de Rufisque Nord et certaines écoles privées. Et pour cause, la mairie a décidé de différer le paiement de leurs factures du premier trimestre de l’année en cours jusqu’à 2011.
Le partenariat risque d’être rompu entre la commune d’arrondissement de Rufisque Nord et certaines écoles privées où sont inscrits les élèves pris en charge par la municipalité. Ces écoles reprocheraient à la mairie de ne pas respecter le contrat qu’elle a signé avec elles dans lequel on peut lire notamment en son article 05 : «La commune d’arrondissement s’engage par la présente convention de partenariat à procéder au règlement financier de la facture trimestrielle des prises en charge.»
Ne voyant pas la couleur de l’argent dans leurs comptes, les responsables, en se rapprochant de la mairie ont été surpris d’entendre le maire Oumar Mané leur dire : «Il vous faudra attendre l’année 2011, puisque les passifs que nous avons trouvés ici et que nous devons payer ne nous permettent pas de nous occuper de vous. Surtout que nous avons dépassé nos prévisions dans le domaine de l’éducation.»
Une explication jugée irrecevable et complètement en opposition à la convention qui les lie. Ce problème, qui risque de créer de gros ennuis aux écoles privées dont la majeure partie des effectifs est constituée de cas sociaux pris en charge par la mairie, mobilise déjà les parents d’élèves qui ont peur pour l’avenir de leurs enfants, car les administrations risquent de ne pas pouvoir payer les enseignants.
D’ailleurs, les conséquences commencent à se faire sentir dans une école située à Dangou où il a été demandé à des professeurs d’arrêter leur prestation jusqu’à nouvel ordre. I. Nd, un des responsables de cet établissement déclare : «Avant cette convention avec la mairie, nos élèves payaient régulièrement, et nous n’avions aucun problème de fonctionnement. Maintenant, nous regrettons beaucoup, parce que le mode de fonctionnement manque de professionnalisme.»
Même sentiment de regret chez madame S. Ndiaye, directrice d’un complexe scolaire sis au quartier Santa Yalla, pour qui, les risques de perdre l’année, suite au refus du maire de respecter ses engagements sont réels. «On nous coupe l’eau, l’électricité et le téléphone, sans compter notre incapacité à payer notre personnel ainsi que le loyer des bâtiments qui abritent nos établissements. Nous sommes étouffés», explique-t-elle.
Joint par téléphone, monsieur Oumar Mané a tout juste déclaré : «S’ils ont des problèmes, c’est à moi qu’ils doivent parler.» Avant de raccrocher brutalement.
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