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RAHMATOU SECK SAMB, ÉCRIVAIN : « L’écriture, c’est ma liberté, la revanche de l’épouse du diplomate »

Source : Le Soleil   02/02/2010 à 12h59

ombre-du-negus-rouge Après « A l’ombre du négus rouge », un ouvrage sur la révolution éthiopienne Rahmatou Seck Samb publie un deuxième roman intitulé « Du baobab au sagaro » dont la toile de fond reste la mort de son unique jeune frère, Daour, décédé aux Etats-Unis. Originaire de Bargny, cette épouse de diplomate, juriste de formation, ramène le lecteur au cœur du monde lébou, de ses rites, des valeurs immuables...

« Du baobab au sagaro » est le titre de votre ouvrage dont la trame est la sublimation de la mort d’un être cher, Daour. Pourquoi cette métaphore ?

Le titre retrace l’itinéraire d’un jeune garçon qui rêvait comme tant de jeunes de quitter le baobab centenaire pour embrasser l’immensité des forêts de Sagaro dans le lointain Arizona, aux Etats-Unis d’Amérique. Pour des milliers de jeunes, partir n’est pas partir pour fuir, mais mieux revenir. Mais pour lui, l’ange de la mort en a décidé autrement. Pour moi, il ne s’agit pas d’un livre sur la mort. Cette mort n’est qu’une étape d’une vie qui se poursuit dans l’au-delà.

Auparavant, il y a eu des décès dans votre famille, mais c’est celui de votre unique jeune frère Daour qui vous a inspiré ce roman. Quels furent vos liens avec lui  ?

Je crois que dans la vie d’un être humain, on ne rencontre qu’une seule fois la mort. Elle passe dans le voisinage, elle passe dans votre propre maison et il y en a une parmi mille autres qui vous marque à jamais. Pour ma part, c’est celle d’un petit frère, Daour, pièce unique au milieu de plusieurs filles. Il était élégant, généreux, plein d’espoir et surtout adorait son terroir comme tous les Bargnois. C’est pourquoi certains critiques ont estimé que ce livre, « Du baobab au sagaro », est un prétexte d’écriture pour ramener le lecteur au cœur du monde lébou, de ses rites, des valeurs immuables à travers la presqu’île du Cap-Vert. Ce livre est le lieu où j’ai consigné tout Bargny et le viatique que je remets à Daour pour son voyage sans retour.

Votre sentiment sur l’immigration qui, après la mort, reste la toile de fond de l’ouvrage ?

Avant de dire mon opinion sur l’immigration, je veux faire un constat  : c’est actuellement un phénomène de société. Quels que soient les dangers, quel que soit le caractère souvent aléatoire, lorsque les jeunes veulent partir, rien ne peut les retenir. Pour le moment, c’est une situation qu’il faut gérer, c’est-à-dire donner une alternative aux jeunes par une formation professionnelle adéquate, des possibilités de créer des Groupements d’intérêt économique (Gie) ou de s’investir dans des projets porteurs que ce soit dans la protection de l’environnement, la culture (elle est productrice de richesses), créer les conditions d’une agriculture viable et surtout promouvoir des méthodes de pêches durables. Il ne faut pas oublier que les jeunes pêcheurs qui avaient une connaissance parfaite de l’Atlantique ont été les premiers passeurs avant de prendre aussi le chemin de l’exil. Et si, malgré tous ces efforts, ils veulent partir, il faudrait les organiser afin de les mettre à l’abri de l’exploitation, les former dans la langue du pays d’accueil et les perfectionner dans leur domaine d’activité. Ceci leur permet de ne pas seulement être perçus comme des demandeurs, mais plutôt comme des gens qui ont une expertise à offrir. A mon sens, on ne peut pas continuer à dire que les immigrés envoient plus de 500 milliards par an, donc 1 milliard par jour, et affirmer que c’est un miroir aux alouettes. Malheureusement, cette manne difficilement gagnée n’est pas canalisée pour financer un secteur du développement, mais utilisée pour la consommation.  L’immigration n’est pas seulement dans le sens Sud-Nord. Aux premières années de nos indépendances, nous avions comme étrangers des coopérants techniques, des cadres supérieurs. Et à présent, l’Afrique fait fac, depuis quelques années, à l’immigration de beaucoup d’Européens qui s’activent dans des domaines comme l’hôtellerie, la restauration, l’immobilier... Pour moi, ce sont des immigrés même si on les recouvre du manteau honorable l’expatrié. L’émigration sud-nord est surmédiatisée, mais elle ne correspond qu’à 5 % du mouvement total des populations africaines qui préfèrent les autres pays africains. Toujours est-il que les jeunes doivent comprendre que personne ne construira ce pays à leur place.

Vous faites beaucoup de description dans la narration. Etes-vous influencée par les écrivains du 19e Siècle ?

La description tout comme le dialogue et le monologue sont des procédés pour faire avancer le roman. Certains critiques m’ont soupçonnée d’avoir été très marquée par les auteurs du 19e siècle que j’ai largement visités auprès d’un père enseignant qui les aimait au dessus de tout. Je ne peux pas vous dire pourquoi j’écris ainsi, j’écris selon mon inspiration. Lorsque je finis d’écrire, ce sont les critiques qui décortiquent et me parlent du style que je peux difficilement vous expliquer. J’ai toujours du respect pour les lecteurs et c’est pourquoi je tiens à soigner mon écriture.

Parlant d’écriture, que représente-t-elle pour vous maintenant après avoir publié deux romans ?

Lorsque j’écrivais mon premier roman «  A l’ombre du négus rouge  », je n’avais pas le sentiment d’entamer une carrière d’écrivain. Il s’agissait pour moi de livrer une expérience  ; celle de la révolution éthiopienne de 1974 dans toute sa splendeur et dans tout son aura. Et puis, quelques années plus tard, l’inspiration est de retour et c’est une étape importante pour moi qui confirme mon ancrage dans le monde de l’écriture. L’écriture, c’est ma liberté, celle de créer des personnages, de leur affecter le destin que je veux et de les anéantir d’un coup de plume. J’aime bien reprendre l’expression de ma sœur Penda Mbow lorsqu’elle dit que c’est la revanche de la femme du diplomate.

Vous magnifiez la culture lébou dans ce livre. Qu’est-ce qu’elle vous apporte dans l’écriture ?

Ma culture lébou, c’est mon moi, c’est mon être et aussi une langue que je parle parfaitement. Elle nourrit mon inspiration qui s’exprime à travers la langue française. Mais cette langue est l’outil de ma relation avec le monde extérieur. C’est cet habit que je revêts pour affronter les intempéries et qui, paradoxalement, m’aident à exprimer une certaine part d’africanité avec mes frères de l’espace francophone  : Togo, Bénin, Côte d’Ivoire...etc.

Avec le problème de diffusion, êtes-vous sûre de pouvoir partager votre africanité avec vos frères et sœurs de l’espace francophone tel que vous le souhaitiez ?

Outre les problèmes d’édition, nos œuvres rencontrent d’énormes difficultés dans la diffusion. Les maisons d’édition européennes ont derrière elles de puissantes maisons de distribution. Au Sénégal, nous avons un sérieux problème à ce niveau. La majorité des gens n’achètent que les livres qu’ils sont obligés d’acheter, en l’occurrence les livres au programme scolaire.

Pourquoi la plupart des auteurs sénégalais qui ont produit de belles œuvres ne sont pas au programme ? Si tel était le cas beaucoup de problèmes seraient réglés  : celui des écrivains (ils pourront vivre de leurs productions), les maisons d’édition (elles pourront consolider les acquis et innover) et enfin l’accès des jeunes à la lecture ne serait plus une vue de l’esprit. Editeurs, écrivains, gouvernants de l’espace francophone, sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), bref tous les acteurs du livre doivent se réunir sur la question pour régler définitivement ce problème qui menace à la fois la créativité et la langue française. C’est un problème sérieux qui exige une réflexion sérieuse.

PROPOS RECUEILLIS PAR MAKE DANGNOKHO

Du baobab au saguaro de Rahmatou Seck Samb,
Nouvelles éditions ivoiriennes (Nei/Ceda), déc 2009,
179 pages Prix : 5000 francs Cfa.




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Commentaires : (Suite à quelques soucis techniques des commentaires on était supprimés sur certains articles, nous nous excusons auprès des commentateurs )

Posté par :   molase   le 03/02/2010 à 02h34
ah j'aimerai bien lire ce livre cela me parait interessant d'autant plus que c'est le fruit d'une native de sambaykarang


Posté par :   C -Trist   le 03/02/2010 à 10h41
Toutes nos félicitations madame SAMB,nos pensées pieuses à Daour Gana SECK,qu'ALLAH l'accueille au paradis.


Posté par :   kiff   le 03/02/2010 à 11h20
Bonne continuation que le bon Dieu te guide dans cette mission.


Posté par :   Fatou Bator   le 07/02/2010 à 01h02
Très émue par votre courage en tant que bargnoise,tous mes encouragements et bonne conitinuation.
Bargnoisement vôtre.


Posté par :   pouyeparis75   le 08/02/2010 à 15h53
Un être que j'avais côtoyé depuis ma tendre enfance, Daour était un être d'une fascination subliminale,un être qui...
Sa disparition me rappelle celle d'un autre fils de Bargny du nom d'Omar Diouf...
Que la terre de Sambay karang lui soit légère!!!
Amen


Posté par :   lebou maliiii   le 10/02/2010 à 03h09
On se courbe devant une des plumes de sambaykarang!Que DIeu vous prete vie et assistance dans ce que vous faites madame Samb!Bargny est derriére vous!!


Posté par :   titeuf   le 11/02/2010 à 12h32
Je voudrais bien lire le livre mais j'ai pas les moyens pour l'acheter si kelk'un a déjà kil me le prête.j'ai entendu parlé du livre une fois à la radio.


Posté par :   Richlander   le 12/02/2010 à 23h58
Salut Mme Seck. On s'est rencontre a St Louis lorsque vous etes venue avec Sokhna Mbengua. J'avais tenu a echanger avec vous quand j'eus soupconne a travers votre discours que vous etiez originaire de la meme ville que moi. Je suis content de savoir que la bibliographie s'allonge un tout petit peu. Bon vent et a bientot a Saint Louis avec Sokhna encore. Un Bargnois de la diaspora.


Posté par :   m. ngom   le 14/02/2010 à 21h38
Pendant qu'on parle du roman de rahmatou, notez ceci dans vos agendas: CONFERENCE PUBLIQUE ORGANISEE PAR LE CLUB LITTERAIRE, ART ET PHILOSOPHIE DU LYCEE DE BARGNY SUR LE THEME:L IMMIGRATION CLANDESTINE DANS LE ROMAN.ELLE SERA ANIMEE PAR DEUX ECRIVAINS BARGNOIS:
ABASSE NDIONE ,AUTEUR DE MBEKE MI ET RAHMATOU SECK SAMB,AUTEUR DU BAOBAB AU SAGARO.CE SERA POUR LE SAMEDI 21 FEVRIER 2010 A PARTIR DE 15H A LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE BARGNY. PRESENCE DE TOUS VIVEMENT SOUHAITEE. PUISSE BARGNY INFO RELAYER L INFORMATION POUR LEURS FRERES ELEVES. MERCI D AVANCE


Posté par :   Cruff   le 15/02/2010 à 07h35
Salut M.Ngom, information reçue je vais le transmettre au webmaster du site, ceci est une bonne initiative de la part de nos petits fréres mais prochainement pour ce genre d'évenement il faut aviser directement les gestionnaires du site pour faire passer l'information à l'adresse webmaster@bargny.info


Posté par :   M.Ngom   le 15/02/2010 à 11h49
merci cruff, j allais le faire tout de même. d ailleurs c'est le samedi 20 et non 21 comme noté précédamment. que l information passe largement. Salut.


Posté par :   d bambey   le 20/03/2010 à 14h18
bargny est notre commune a tous donc s il ya des incidents il faut la participation de tout un chacun un groupe appellé safa inter sont entrain de propagé du niaka fayda partout a bargny et c est mauvais pour la societé bargnoise je vous pri d y intervenir le plus vite possible singné doudebambey


Posté par :   bibson   le 24/03/2010 à 19h19
salut tout le monde je je voudrai vous annoncer la naissance de notre association Bargny, Actions et Citoyenneté.Créée le 8 février 2008, le B.A.C a pour but de contribuer au développement de Bargny dans tout ses plans. Mai ce qui demeure le plus urgent c'est le plan éducatif et notre mission premiére est d'aider les élèves en classes d'examens dans les établissements publics et privés à améliorer leur niveaux dans leur matiéres handicapes.
Mais le B.A.C est confronté à des problemes finaciers deux fascicules ont été édité, un fascicule de francais et un fascicule de physique-chimie pour les élèves en classes de premiéres et de terminales littéraires et scientifiques le B.A.C ne dispose pas de moyens pour publier ces fascicules...Chers camarades citoyens et bonnes volontés, meme si vous ne disposez pas de moyens pour aider l'association donnez nous des solution, aidez nous à aider nos fréres et soeurs en classes d'examens. merci d'avance.


Posté par :   mouhamadou moustapha sy aw   le 15/04/2010 à 18h34
JE SUIS Élève AU LYCÉE DE BARGNY ET JE SUIS MEMBRE DU FOSCO.JE VOUDRAIS A TRAVERS CETTE PAGE ANNONCER NOS MANIFESTATIONS CULTURELLES QUI SE TIENDRONT PLAISE A DIEU A PARTIR DU MERCREDI 12 MAI AU SAMEDI 15. A CET EFFET NOUS INVITONS TOUTES LES PERSONNES QUI LIRONT CE MESSAGE A VENIR ASSISTÉES ET Participees A CETTE GRANDE FÊTE BARGNOISE.IL Y AURA UNE GRANDE SOIRÉE LE SAMEDI AU CAMP MILITAIRE. TOUTE PERSONNE DE BONNE VOLONTÉ VOULANT PARTICIPE FINANCIÈREMENT OU MATÉRIELLEMENT A CETTE FÊTE EST PRIE D'APPELER SUR CE NUMÉRO 775323046 OU AU 774206962 OU AU 771005581. MERCI



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