RUFISQUE : Bras de fer foncier entre les ex-travailleurs de Bata et Mansour Kama
Source : Le Matin 15/07/2010 à 12h16
Le collectif des mille deux cents ex-travailleurs de Bata a engagé un bras de fer contre Mansour Kama qu'ils ont accusé mardi au cours d'un point de presse, d'avoir fait main basse sur cinq hectares de terrain que la défunte direction de l'usine avait cédés à la coopérative d'habitat des travailleurs.
Une cession matérialisée dans un procès-verbal de réunion par le comité de gestion de la coopérative. C'était bien avant les péripéties qui ont conduit à l'affectation de Bata à la SSI du sieur Kama, pour la modique somme de deux cent cinquante millions de francs (250.000.000 CFA) par le syndic de l'époque, de connivence avec quelques ex-travailleurs.
Revenant sur les causes du litige foncier qui les oppose au vice-président des Assises nationales, Ousmane Ndiaye, le coordonnateur du collectif, a rappelé que c'est en 1986 que la direction générale de Bata, qui possédait plusieurs titres fonciers, avait offert le restant non bâti du TF881/R, soit cinq (05) hectares, quatre-vingt-huit (88) ares, quatre-vingt-six (86) centiares, aux travailleurs dans le cadre dans le cadre de la coopératives d'habitat mise en place, en complément des CASTORS Bata de Arafat attribués par l'Etat, mais jugés insuffisants. Et que si depuis lors, ses camarades et lui n'ont pu rien faire sur le site, c'est à cause des hypothèques posées par l'Etat du Sénégal sur les biens de la défunte industrie. Une retenue que n'a pas observée, selon lui, Mansour Kama.
Car : « Non content d'avoir bradé l'essentiel de l'outil de production qu'il a vendu en pièce détachées et en ferrailles, surtout au département caoutchouc où les machines ont coûté des milliards, la SSI de l'actuel Vice-président des Assises Nationales a démoli tous les quatorze (14) logements de l'ex-cité Bata, de même que le module d'accueil, de restauration et d'hébergement. » révèle encore Ousmane Ndiaye. Qui considère cela comme une ruse de plus, trouvée par leur spoliateur pour faire de la cité et du reste du TF 881/R, propriété des ex travailleurs, une même surface qu'il revendra.
Or, il s'agit là d'une propriété exclusive de Bata qui ne saurait revenir qu'au seul Etat du Sénégal, à qui cette société doit 1 241 000.000CFA. Aussi, les ex travailleurs déterminés à faire face à celui qu'ils appellent l'usurpateur, mettent en garde ses éventuels clients. « Ceux qui se risqueront à acheter les parcelles à eux proposées par Mansour Kama, le feront à leurs dépens » clament t-ils.
D'ailleurs, c'est pour empêcher les différents repreneurs de brader ce patrimoine créé par les travailleurs, que l'Etat du Sénégal avait grevé d'hypothèques l'actif de Bata. Et tout repreneur devait prendre un engagement dans ce sens. Si donc, les TF de Bata ont été muté au nom de la SSI, l'on est en droit de s'interroger avec les membres du collectif des ex travailleurs, sur l'identité de celui qui a levé les hypothèques, pour rendre ce transfert possible.
Aussi les ex travailleurs de Bata comptent disent s'en remettre au Président Abdoulaye Wade pour le règlement pacifique de cette affaire. « Personne, quelle que soit sa force, ne peut faire impunément entorse à la justice représentée en premier lieu par le Chef de l'Etat. »
Alpha SAMBA Le Matin
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