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L’ACTIVITE DES FEMMES TRANSFORMATRICES EN BERNE

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femme-transformatrices-bargnyA Bargny et Rufisque, les femmes transformatrices de poissons souffrent de la raréfaction de la ressource halieutique. Dans les différents points de fumage les activités sont au ralenti pour ne pas dire au point mort.

17h passées de quelques minutes à l’entrée de Bargny. Juste à quelques centaines de mètres de l’ex-usine Bata, face à la mer, un vaste terrain nu, lézardé par un ruisseau. Sur ce site d’habitude très animé et où, la fumée dégagée par des feux allumés en plusieurs endroits vous empêchait de voir à plus d’une quinzaine de mètres, c’est le désert total.

L’endroit est occupé par les oiseaux marins qui viennent trouver leur pitance sur les lieux avant d’aller se rafraîchir sur le ruisseau. Tout autour, sont dressées des sortes de tentes devant lesquelles sont disposés, en formes de stères, des ballots de cartons acquis, des tas de coques d’arachides et du copeau de bois, tout le matériel qui devait servir à allumer les feux pour fumer le poisson.

A l’exception de l’une d’elle Fatou Cissé, toutes les autres femmes sont aux abonnés absents. Cette dame sexagénaire, très mince, la peau ridée et vêtue d’une robe ample de couleurs ocre et noire, était occupée à étaler quelques petits poissons sur une table. A notre arrivée, elle interrompt son travail pour s’enquérir de l’objet de notre visite. Mise au parfum, la vieille se laisse aller volontiers, la mine dépitée, dans des explications.

«Comme tu le vois, c’est le désert ici, contrairement aux habitudes. Les autres sont rentrées depuis longtemps parce que nous n’avons pas de ressources pour travailler. On n’a pas de poisson. Mais nous ne désespérons pas, nous attendons la providence qui, d’habitude, nous accordait cela. Mais, ces derniers temps, c’est comme cela, il n’y a rien dans la mer. C’est pourquoi on a payé ces cartons à 10.000 l’unité espérant que bientôt les choses vont évoluer et que nous allons avoir de la matière pour reprendre à nouveau notre activité».

8 mars, occasion de se faire de l’argent sur le dos des femmes

Quid de la journée du 08 mars qui leur est dédiée? La dame Fatou Cissé n’y croit pas. Pour elle, ce sont des occasions pour certains, qui parlent en leur nom, de récolter de l’argent dont elles ne verront pas la couleur. «J’estime que ceux qui doivent en être informés sont parfaitement au courant de la situation que nous vivons. C’est toujours la même chose, des gens viennent ici pour recueillir nos doléances et les porter aux niveau des autorités, mais jamais il n’y a de retombées ou, si il y en a, nous ne les voyons pas.»

Pour la dame, il faut garder la foi et espérer que le poisson sera bientôt de nouveau disponible. Et, quand ce sera le cas, en profiter pour réaliser des économies qui leur permettront de faire face aux urgences familiales et de tenir en cas de nouvelle période creuse.

Ailleurs, à Rufisque, à Ndéppé, dans la commune de Rufisque Ouest, à coté du quai de pêche, les femmes transformatrices se tournent les pouces du fait de la rareté de la denrée. Les activités ici sont au ralenti aussi bien chez les femmes transformatrices que chez les revendeuses. Ndèye Diop est une femme revendeuse de poisson qui s’est reconvertie dans la vente de fruits. «Je suis née à Diokoul en milieu lébou, naturellement, j’ai toujours été dans le milieu de la pêche. Je venais tous les matins au quai de pêche pour acheter quelques poissons que j’allais revendre à des clientes dans les quartiers des Hlm, et du centre ville. Les soirs, il m’arrivait de renter à la maison avec des marges de 5000 à 7500 F Cfa par jours».

Mais, déplore-t-elle, «depuis quelques temps, les choses ne marchent plus. Et, pour ne pas rester sans rien faire, je me lève tous les matins pour aller à Diamniadio pour acheter des fruits (clémentines) que je viens revendre au marché. Même si ce commerce n’est pas aussi fructueux que la vente de poissons, je parviens à avoir quelques sous pour entretenir une famille de six enfants dont le père est décédé il y a quatre ans.»

Pour cette journée du 8 mars Ndèye Diop ne souhaite qu’une chose: avoir un financement qui puisse leur permettre de prospérer dans le domaine de la vente des fruits et des légumes. Ce qui leur permettra d’aller s’en approvisionner dans la zone des Niayes pour revenir les revendre à Rufisque.

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