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L’AGONIE D’UN SECTEUR

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Greenpeace and Senegalese Fishermen Tackle OverfishingPrincipale activité pourvoyeuse de ressources à Bargny, la pêche est entrée dans une lente agonie aggravée par la raréfaction de la ressource halieutique. Une situation qui pousse des jeunes de la localité à jeter leur dévolue sur les métiers de la maçonnerie où ils se contentent de journées de travail pour pouvoir assurer la dépense quotidienne. Les acteurs s’étaient mobilisés hier, à l’occasion de la semaine nationale contre les bateaux monstres, lancée par Greepeace.

«La pêche n’est plus ce qu’elle était autrefois, parce qu’il nous était possible d’avoir des captures nettement plus importantes. Tel n’est plus le cas aujourd’hui, parce que nous revenons de la mer avec à peine une quantité de poissons qui remplit un seau», s’exprime Assane Ndir Seck. L’un des membres du comité local des pêches de Bargny estime que les responsabilités sont partagées à propos de cette déperdition des ressources halieutiques, il indexe que la surpêche des bateaux étrangers mais aussi l’inconscience des pêcheurs artisanaux qui utilisent encore des filets interdits par la législation, «la cause de cette situation n’est autre que la surpêche dont sont responsables les bateaux (monstres) et les acteurs de la pêche artisanale. J’ai pu constater en mer la façon dont les bateaux montres surexploitent les ressources halieutiques.

Généralement, ils s’adonnent à la capture de poissons dont ils n’ont pas besoin. Les acteurs de la pêche artisanale s’adonnent aux mêmes pratiques. D’ailleurs les femmes transformatrices de produits halieutiques ne travaillent qu’avec les petits pélagiques, ce qui à notre avis n’est pas bon. Nous savons tous les effets négatifs des mono filaments sur les ressources halieutiques.» Très remontés contres ses compères pêcheurs Assane Seck Ndir explique la découverte extraordinaire qu’il a faite lors d’une tournée en mer pour l’entretien d’un espace de pêche réservé, « lorsque nous procédions au nettoiement d’un récif artificiel qui se trouve à 5.6 kilomètres de la plage de Bargny, nous y avions trouvé une quantité importante de mono filaments.

Et les seuls responsables de cette situation sont les acteurs de la pêche artisanale». Les membres du CLP de Bargny en appellent à l’aide de l’Etat pour les aider à mieux protéger la ressources halieutique par des mesures draconiennes contre les «ces fossoyeurs de l’économie maritime», «seul le gouvernement peut nous aider à mettre un terme à cette situation, en interdisant notamment la vente de ce type de filets sur l’ensemble du territoire national, parce que les problèmes vont demeurer avec les mono filaments.» C’est dans ce sens que s’inscrit l’appréciation positive qu’ils font de l’initiative de Greenpeace Afrique «Nous saluons l’initiative de Greenpeace, parce que nous avons toujours voulu qu’on entende nos doléances. Et personne n’est mieux placé que nous acteurs de la pêche. Nous voulons tout simplement qu’on donne les possibilités de le faire».

Pour les responsables de Greebpeace qui ont initié la semaine nationale d’action contre «les bateaux monstres des navires surdimensionnés avec des capacités de pêche hors normes et qui pêchent n’importe comment, il est urgent de mettre en place des politiques rigoureuses pour une pêche durable et profitables aux communautés côtières qui souffrent beaucoup des effets de cette surpêche qui induit une concurrence déloyale» «Ces pratiques engendrent une perte des moyens de subsistance des pêcheurs ouest africains, plus particulièrement ceux du Sénégal. Aujourd’hui, nous voulons monter l’impact des activités des bateaux monstres, mais aussi demander aux gouvernements africains de mettre en place des politiques durables de pêche pour qu’il y ait un accès préférentiel à la ressource. Nous demandons au gouvernement d’initier des actions pour mettre hors des eaux ouest africaines, parce que nous voulons que la ressource profite avant tout aux petits pêcheurs artisanaux ouest africains. Ces bateaux concurrencent de façon déloyale les pirogues des pêcheurs artisanaux Un de ces navires a beaucoup contribué à l’épuisement des stocks de petits pélagiques qui jouent un rôle important dans l’activité des femmes transformatrices de produits halieutiques» explique Mme Marie Suzanne Traoré, Chargée programme océan Greenpeace Afrique.

A Bargny, les acteurs de la pêche sont déjà entrés en action pour faire renaître le secteur en attendant l’appui de l’Etat : «nous avons, pour la redynamisation du secteur de la pêche créé une aire de cogestion. D’ailleurs, nous avons signé un accord de cogestion avec le ministère de la pêche. Nous avons besoin de l’aide des autorités, parce qu’il existe chez nous des personnes qui sont contre le projet, en avançant l’argument qu’ils ne reconnaissent pas notre association. Et le constat que l’on fait est que tous ceux qui s’opposent à l’aire de cogestion pratiquent leur activité avec des mono filaments», a révélé Assane Ndir Seck.

Source : http://www.sudonline.sn/

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