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Les dessous de la visite du Grand Serigne à Bargny

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centrale_bargny_minamAprès maintes tractations le Grand Serigne de Dakar est enfin venu à Bargny sur invitation d’un comité spontané pour écouter les populations qui se plaignent de l’implantation de la centrale à charbon. Les personnes triées, soit disant apolitiques, sont intervenues, qui pour lui faire des louanges, qui pour souligner des aspects techniques et impacts environnementaux. Je saisis l’occasion pour louer le discours de Woré Gana Seck et d’Abdoulaye dit Souleymane Diouf de Miname. Woré parce qu’elle a posé de manière simplissime et technique le problème en faisant un exposé bref qui a édifié l’assistance. Le second parce qu’il a expressément dit ce que l’assistance attendait : «nous ne voulons pas de la centrale ». Nous n’en voulons pas pour plusieurs raisons. La préservation de l’environnement reste la plus en vue. Mais aussi la centrale doit être construite sur deux sites de recasement, à savoir Miname I et Miname II. Une seconde centrale, qui comprend entre autre une jetée à hauteur du village-même de Miname va impacter encore sur l’environnement de la localité. La forme protocolaire de la rencontre de ce lundi 27 Janvier n’a quand même pas permis d’aborder le sujet sous tous ses aspects. Si je prends ma plume, ou mon clavier pour tenter de parler à mes frères de Bargny, c’est que le discours tenu par l’hôte de marque, notre illustre et brillant Grand Serigne, dont je salue l’instruction et le parcours politique, professionnel et bien sûr coutumier, me laisse très sceptique. Je me permettrai d’en rappeler quelques passages pour étayer mes propos :

1.    ‘’C’est sous les recommandations de M Modou Guèye Seck, dont le père fut mon maître coranique, que j’ai eu à rencontrer la délégation de ces gens qui sont venus m’exposer le problème que je veux faire mien.’’
Des propos que ce susnommé m’a confirmé en me le disant avant l’allocution-même de M Diop.
Cela m’amène à me poser cette question : qui est Modou Guèye Seck ?
C’est presque un frère pour moi, tant nous entretenons des relations qui font l’estime que je lui voue. Mais reléguons tous sentiments derrière l’intérêt de la communauté. Pour répondre à ma question, je dirai qu’il a été le secrétaire administratif de section communale PDS de Bargny et aujourd’hui responsable politique APR. Celui-là-même qui, au jour de l’audience publique qui nous demandait notre avis par rapport à la centrale, avait défendu vaille que vaille le projet, aidé en cela par ses camarades de parti d’antan à savoir :Malick Fall Ndiaye, El Hadj Ngom et Demba Guèye Ndiaye de Mboth. Il a transhumé vers les prairies apéristes dont il reste le leader local. Nécessairement il ne peut rouler que pour les intérêts du nouveau régime dont notre Grand Serigne souhaiterait une reconnaissance totale dans sa rivalité avec l’autre non moins Grand Serigne, une légitimation du trône en quelque sorte.

2.    « Avant d’aller loin, je vous informe que ce problème est antérieur à l’accession de Macky Sall à la magistrature suprême » :
N’est-ce pas ici un coin levé du voile ? Une confirmation qu’il veut laver le Président de tout soupçon et de lui faire les yeux doux. Il ne nous apprend rien de nouveau, nous savons bien que c’était sous l’air Wade qui a toujours voulu étouffer notre cité qui a su le vomir au plus haut sommet de sa gloire ; en attestent la suppression de la guérite, le découpage de la commune de Sindou et la nouvelle délimitation de la commune de Bargny. Cette centrale est une des raisons qui ont mené d’ailleurs à ce découpage. Comment ? Si Miname avait accepté d’aller dans la commune de Sindou, Bargny aurait moins de légitimité de s’opposer au projet qui ne serait plus sur son territoire. Comme ils ne s’attendaient pas au refus de Miname, dans les documents, ils ont toujours inscrit la centrale à charbon de Sindou. Cela a induit le Président Macky Sall en erreur lors de son discours à la nation quand il annonçait le démarrage imminent des travaux de la centrale de Sindou 1 au lieu de celle de Miname.

3.    « je vous rappelle que ce terrain n’a ni été prêté ni offert à la CES, mais vendu, acte dont je détiens des preuves. » Qu’est-ce à dire ?
La CES tient le bon bout. Vous êtes à côté de la plaque. Je ne ferai qu’essayer de voir si l’état et ses partenaires vont reculer. Ils sont déjà allés loin. Le décret 2009-849 du 03 septembre nous en dit long. Nous ne sommes pas si mal informés au point d’ignorer certains détails sur mal que Me Wade a su faire au peuple Sénégalais en général. Pour ne pas nourrir une ambigüité, Mr Abdoulkaye Matar Diop devrait dire à l’assistance qui a vendu le site.

4.    « entre autres avantages que je vais vous rappeler, cinq cent million de francs sont prévus pour accompagner les femmes de Khelkom dans des activités génératrices de revenus, ce que nous allons vérifier. Une unité de fabrique de brique est aussi prévue afin de caser des jeunes de Bargny, Miname, jusqu’à Yenn et résorber chômage ».
Ce que je peux lire dans ces propos, c’est que notre brillant administrateur et chef coutumier croit que nous ignorons tous les contours du projet. Nous l’avons lu et relu et avons fini par dire non en notre âme et conscience. Ne veut-il pas l’émailler ou le maquiller comme une jeune femme nubile afin nous sautions aveuglément dessus ? Seulement, rectifions la somme qu’il a bien voulu majorer (à quelles fins d’ailleurs, ce n’est pas un lapsus du tout) ; c’est bien deux cent million de francs au lieu de cinq cent million.

5.    « vous dites que je suis votre chef coutumier ; je vous invite à me laisser disposer de la chose et en discuter avec les autorités pour trouver une solution. Restez tranquilles, ne faites pas de casses et écoutez nous »
Rien de tout ce discours ne m’inspire confiance. Sommes-nous à Bargny des mineurs ou donc des majeurs sous curatelle pour déléguer nos responsabilités ? Le combat de Bargny doit être porté par ses fils. Peut y participer qui, par solidarité culturelle ou d’un autre ordre, ou par citoyenneté simple, voudra faire un apport positif à la recherche d’une solution à ce problème qui a valu à nos imams et ulémas d’en faire des sermons lors des prières de vendredis. Réellement, Abdoulaye Matar Diop ne jouit d’aucune légitimité chez nous car, quand il s’est agi de faire sa campagne pour son élection au trône Lébou, il n’a pas daigné consulter les dignitaires de Bargny. Il est venu pour se faire une promotion.
Des manœuvres se font à présent pour faire reculer ceux qui accompagnaient ce mouvement. Au sortir de la prière du vendredi, un notable de la cité m’a fait lire une note où est inscrit le nom d’un ministre conseiller que je me permettrai de taire. Ce monsieur, issu de la petite côte voudrait les rencontrer le lundi qui a suivi c’est-à-dire le 03 février.

Des rumeurs circulent que le Jaraaf de Bargny n’est pas invité à la prochaine rencontre de Dakar.
L’on peut être amené à déduire que Bargny est sur le point d’être sacrifié sur l’autel des prébendes politiques. A la lecture de ces événements, l’on doit être en mesure de comprendre qu’il y a une récupération politique du mouvement. C’est une des raisons pour lesquelles on a voulu interdire de parole Madame Woré Gana dont l’intervention a été qualifiée d’intrusion. La responsabilité de tous est engagée contrairement à la tendance qui consiste à demander aux gens de Miname dont les intérêts peuvent être différents, de bouger. Ces gens-mêmes à qui Mr Amadou Faye a promis un recasement s’il parvenait au perchoir communal. Je fustige l’incurie des cadres de Bargny qui n’ont d’yeux que sur la mairie qui constitue leur seule ambition politique. Quelle a été leur actif depuis 2008 pour défendre leur terroir ? Je leur rappelle que ce n’est pas un problème de terre seulement, nous devons veiller sur notre milieu naturel et laisser aux générations futures un héritage sain qui pourra contribuer à leur épanouissement ; un cadre de vie meilleur que celui que nous ont laissé nos pères. Soyons sérieux dans nos comportements de tous les jours. Nous pouvons ne pas nous appréhender les uns les autres, mais l’Eternel saura nous juger.

L’heure est à se poser la même question que Mr Benoît Lebot, Représentant du PNUD : « comment un pays comme le Sénégal, qui subit de plein fouet le changement climatique, veut-il s’engager à importer une ressource dont il ne sait pas qu’elle est la plus carbonée ». Il osé quand même le dire devant la Convergence des Cadres Républicains qui veulent bien accompagner le régime et lui recherchent des solutions à ses problèmes

Si l’on veut la voix des citoyens, on doit répondre à leurs attentes qui aujourd’hui, de manière ponctuelle, consistent à les accompagner dans cette lutte qui reste apolitique, je veux dire citoyenne, quand bien même cela participe de la gestion de la cité. Nous devons nous lever comme une seule personne, lutter pour sauvegarder les intérêts matériels et moraux de notre ville et mesurer notre responsabilité devant DIEU et la postérité, au-delà de toute obédience politique, sinon …

Bouna Bèye
Vice Président du Comité de Rénovation de Bargny-Miname
Conseiller Municipal à la commune de Bargny
bounabeye@yahoo.fr
tél 775517504

Allocution des populations


Allocution de Abdoulaye Makhtar Diop

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