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LUTTE CONTRE LA CONSTRUCTION DES CENTRALES LES POPULATIONS DE BARGNY AGITENT UNE PLAINTE

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centrale-charbon-bargnyBargny vit mal l’édification des centrales à charbon sur ses terres. Face à des autorités amorphes, les populations étudient les voies et moyens pour saisir les principaux bailleurs de fonds du projet comme la Bad et les services des pays d’origine des entreprises qui réalisent les travaux, soucieux des droits et du respect des normes environnementales.

L’Etat du Sénégal, à travers la Société nationale d’électricité (Senelec), a décidé de construire deux centrales électriques à charbon à Bargny Minam, non loin de Sendou. L’une des usines de 125 mégawatts est en cours de construction par l’entreprise suédoise « Nykomb Synergetics development Ab » placée sous la tutelle de la société d’électricité du Sénégal (Ces). L’autre de 250 mégawatts attend de voir le jour. Elle doit être réalisée par « Kepco », une société sud coréenne. Les populations regroupées à travers le Collectif pour la défense des intérêts de Bargny sont en train d’étudier les voix et moyens pour porter plainte devant qui de droit. Il s’agit principalement de la Banque africaine de développement (Bad), la banque de développement néerlandaise (Fmo), principaux bailleurs du projet de la première centrale en cours de réalisation.

Un rapport réalisé par l’Ong « Lumière synergie et développement » a montré que l’étude d’impact environnemental et social relevait déjà beaucoup de risques tels que la pollution des eaux souterraines, les rejets d’eaux chaudes, l’empiétement sur le site de transformation du poisson, des expropriations foncières, etc. Lors de l’atelier de restitution organisé hier, les acteurs à la base ont également établi une violation de l’article 13 du Code de l’environnement qui dispose que les installations de classe 1, comme une centrale électrique, doivent s’éloigner d’au moins 500 m des habitations.

Par ailleurs, le président de l’Association Takkom Jerry, Ibrahima Diagne, a souligné que les personnes affectées par le projet n’ont pas été consultées. Il a fait allusion aux femmes transformatrices du poisson de « Helcom ». « Plus de 2 000 personnes tirent des revenus dans la transformation. Nous exportons les produits. Nous ne pouvons pas cohabiter avec les centrales à charbon avec toutes les émissions de gaz carbonique et de rejets d’eaux usées que cela implique. Ils n’ont pas où nous délocaliser. Et nous ne pouvons pas être éloignés de la mer », déclarent les transformatrices Fatou Samba et Ndèye Yacine Dieng, par ailleurs responsables de l’Association des femmes de Helcom.

Plainte en Corée du Nord et en Suède

Ces « victimes » se rappellent que, lors d’une audience publique, les populations de Bargny avaient signifié aux représentants des promoteurs leur désaccord sur le site choisi. Le maire socialiste de l’époque, Mar Diouf, avait exprimé sa désapprobation par rapport à ce projet déclaré d’utilité publique à travers un décret daté du 3 septembre 2009. Il se trouve que les directives volontaires de la Fao voudraient que l’Etat obtienne leur avis libre et éclairé avant tout démarrage de la phase d’exécution. Ce qui reste à avoir. Le site de 29 ha en question avait fait l’objet d’un lotissement pour reloger les familles affectées par l’avancée de la mer à Bargny. La communauté compte maintenant s’appuyer sur toutes les violations de la loi et des intérêts socio-économiques pour saisir la Bad. Selon ses propres mécanismes, la banque aura 20 jours pour répondre à partir de la

date de réception. Par ailleurs, sachant que les entreprises maîtresses d’œuvre viennent de pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde), la plainte sera déposée auprès des bureaux habilités dans leurs pays respectifs que sont la Suède et la Corée du Sud. Cela est permis par les « Principes directeurs de l’Ocde à l’intention des multinationales » qui promeuvent le respect des droits humains et le respect des normes environnementales, entre autres. Dans la démarche, la Banque mondiale ne sera pas négligée en ce sens qu’elle a financé une « aire de cogestion de ressources halieutiques » à Bargny. Elle risque d’être emporter par les déchets liquides d’une centrale à charbon.

Birame Faye
lequotidien.sn

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