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Nouveau pole urbain : Diamniadio, la ville de tous les espoirs !

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A l’embranchement de la sortie de l’Autoroute à péage et de la route de la Nationale 1, la ville de Diamniadio se révèle peu à peu. Il  fait déjà jour ce vendredi à 10 heures. Et, la vie appartient à ceux  qui se lèvent tôt. Les vendeuses bondissent derrière leurs étals et assaillent des cars de transport qui s’immobilisent. D’autres, des bananes, des melons, des pastèques, dans la main, courent pour proposer leurs marchandises aux passagers des cars et des bus.
Des étals bâchés avec des toiles jaunes, sont chargées de pastèques, de bananes, d’ananas, d’oranges s’échelonnent de part et d’autre de l’artère principale à partir de la mairie jusqu’à la hauteur de la  gare routière. La vente des fruits fleurit. Diamniadio peut être considérée comme la deuxième plate-forme tournante de la vente des fruits après Pout. Certaines vendeuses rallient tous les jours cette localité. Depuis 2001, Sokhna Faye quitte Sébikotane pour se rendre à Diamniadio. « C’est un carrefour. Le commerce marche, même si parfois, nous n’écoulons pas nos fruits comme nous l’aurions souhaité », confie la dame. Au-dessus de la cité, le ciel est dégagé. Ici, l’horizon est porteur d’espoir pour ces dames qui se battent  tous les jours contre le train-train quotidien. Elles sont nombreuses à croire à l’amélioration de leurs revenus dans les années à venir. Elles prient pour que tous les projets se concrétisent. « Si la ville s’agrandit et que la population augmente, le commerce sera plus prospère en plus, c’est une ville carrefour. Je pense que je gagnerais plus les années à venir », espère Sokhna Faye.
Ici, le vent d’espoir souffle. Sur le flanc de sa table de fruits, Khalifa Ababacar Guèye, enveloppé dans un blouson, n’a pas le droit de se laisser emporter par le désespoir. Cet homme handicapé qui combat la fatalité, prédit de beaux jours pour ses activités. « Nous souhaitons que plus de jeunes puissent s’insérer dans le tissu économique avec l’implantation des entreprises, des usines, d’autres comme nous, peuvent trouver d’autres boulots que la vente des fruits. Tout cela est possible, car la ville attire de plus en plus de sociétés et d’entreprises »,  estime Khalifa Ababacar Guèye. Au bout de la flopée des étals, on débouche au garage. Des cars rapides, des véhicules particuliers, des taxis de sept places, des bus sont garés pêle-mêle. Entre les véhicules, des vendeuses, des filles comme des femmes se faufilent. Elles tendent des beignets, des fruits aux passagers installés dans des voitures. La gare est plongée dans l’effervescence. Des bus arrivent, s’arrêtent et repartent.

La porte d’entrée de Dakar
D’autres passagers embarquent pour d’autres destinations. C’est un flux continu dans ce garage des plus fréquentés. 80 % des cars de transport en commun transitent par ce garage », rapporte Madi Diatta, responsable de la trésorerie. La ville est à la croisée des chemins. La gare étouffe. Elle est cernée sur les trois flancs par les habitations. « Il nous faut un garage moderne à l’image de celui des Baux Maraîchers. Notre capacité est largement dépassée. Diamniadio, c’est  la porte d’entrée de Dakar, l’essentiel des voitures de transport en partance pour Dakar passent par ici. Avec l’installation des usines et de nouvelles infrastructures, nous devons disposer d’autres sites pour recevoir les gros porteurs », argumente le secrétaire à l’organisation du garage, Ibrahima Mbengue. Sous leur grouillant hangar, derrière des rangées des cars « Niaga Ndiaye », comme des architectes, ils dessinent les contours de la future gare-routière. « Nous devons aller vers la modernisation de la gare-routière pour suivre l’évolution de Diamniadio. Pour cela, le future garage doit être dotée de dortoirs, d’un espace santé, des toilettes décentes, et des agents pour veiller sur la sécurité des biens et des personnes », souhaite Ibrahima Mbengue.

L’insertion sociale, le rêve partagé
Les attentes sont grandes. Le garage fourmille. A l’entrée, sur le flanc droit, des jeunes avec des lunettes de soleil, d’autres, l’écharpe enroulée autour du coup, échangent sur un sujet d’actualité. Debout sur le perron du Crédit mutuel du Sénégal, Salif Diallo, 22 ans, habite la nouvelle cité. Il s’est installé par anticipation. Il n’a pas tort. Durant sommet de la Francophonie, il a gagné quelques sous. De temps en temps, il trouve de l’emploi temporaire qui l’autonomise. Loin de ses parents de Fafacourou, une localité éloignée de 40 Km de Kolda, l’étudiant de 2e année en Sciences juridiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), vole par ses propres ailes. « Le nouveau pôle urbain est une opportunité pour  les populations et surtout la jeunesse. Ici, tous rêvent de trouver du travail, on assiste à l’implantation des usines, des entreprises. Déjà, des jeunes sont employés dans de petites et moyennes entreprises. Mais il faudrait que l’Etat accompagne les habitants pour leur qualification », glisse le juriste. La localité est un nouveau virage où tous les rêves, tous les espoirs sont permis.
CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE, PROGRESSION DES HABITATS… : Une localité sur les rails d’une urbanisation galopante
La ville de Diamniadio ôte ses habits de la ruralité pour enfiler une robe de modernité. Partout et de part et d’autre de la RN1, le front des maisons modernes ne cessent de s’étendre. Chaque jour, des personnes viennent chercher des parcelles à usage d’habitation. Chaque jour, des migrants  y débarquent. C’est la ruée vers Diamniadio où l’on n’a pas pourtant découvert de l’or.
En face de la mairie de Diamniadio, de l’autre côté de la route principale, sur la terrasse d’un bâtiment situé à l’angle d’une rue, des ouvriers, la tête couverte de foulards, vident des bacs de ciment sur les coffrages. En contrebas, trois autres ouvriers remplissent d’autres bacs. Les maçons ne  se tournent pas les pouces dans cette ville, derrière laquelle, et çà et là, de nouvelles maisons à l’architecture moderne sont alignées. Des monticules de sable, des graviers jonchent les parcelles non occupées. Des belles maisons poussent comme des champignons  et repoussent le front de l’habitat jusqu’aux abords des rails. Une course contre la montre est dans l’air. Au-delà des rails, on construit partout aussi bien dans les bas-fonds que sur les hauteurs. « Il y a quelques six mois, personne ne voulait habiter cette zone. Aujourd’hui, c’est la ruée pour acheter des parcelles. Des personnes arrivent avec beaucoup d’argent, achètent d’importantes superficies », confie un agent de la mairie. L’écosystème est perturbé.
Le béton est partout. Des murets sortent de terre. Çà et là, les contours des habitats se précisent sur cette superficie au sol noir avec une alternance de plaines et de dépressions. Les maisons en dur entourent les chaumières des Peuls qui sont à la lisière des lotissements près du Centre de conférences Abdou Diouf. « Ici, il ne reste plus de parcelles », avait ironisé une vendeuse de fruits. Elle a vu juste.  En amont, de gros hangars des unités industrielles s’imposent par leur hauteur et par la surface occupée. Le tissu industriel se met peu à peu en place. Les installations d’un groupe de presse de la place sont déjà en place. La fulgurance du taux d’urbanisation déroute les observateurs avertis de cette localité. « Lorsque j’habitais Dar Salam, je n’avais pas payé la parcelle, c’était en 2005. Personne n’en voulait. Mes belles- sœurs m’en voulaient parce qu’elles disaient que je suis venu installer leur sœur dans une brousse. Mon déménagement de Dakar à Diamniadio avait soulevé toutes les incompréhensions au sein de ma famille », se souvient le professeur de géographie à la retraite, Bakary Sambou.
Loin des bruits, le temps lui a donné raison. Des habitations entourent aujourd’hui sa maison. Derrière l’hôpital, des maisons alignées  en plan damier, telle une vague, progresse vers le lycée et vers le site de la deuxième université de Dakar.

Un développement fulgurant
Une touche harmonieuse accompagne tant bien que mal cette urbanisation. Des routes bien tracées séparent des villas.  Juste après la Mosquée, du quartier, Médina Mounawar, et sur le chemin du lycée, on coule du béton, près d’un habitat modeste clôturé avec des palissages. Par ailleurs, on pose la dernière couche de peinture. L’ancienne Diamniadio suit le train de la modernité. « La vitesse de développement de cette ville a étonné les populations. La ville évolue très vite alors que les autochtones  ne remarquent pas que les choses sont en train de bouger. Je peux dire, sans réserve, que le taux d’urbanisation de Diamniadio avoisine 50 %. Il n’est pas alimenté par son taux de natalité mais par les nouveaux arrivants, par l’émigration. Chaque jour, on enregistre de nouveaux venus. Chaque jour, des personnes viennent demander des parcelles à usage d’habitation », témoigne l’ex-professeur de géographie. Dieynaba  Soda Lam est devant ses palissades. Son domicile se singularise au milieu des maisons en dur.  Il est sur la ligne limite de l’extension électrique. Celui-ci, comme tous ceux qui  sont derrière, n’ont ni eau, ni électricité. L’urbanisation n’évolue pas au même rythme que le taux de couverture en eau. « Nous assistons à une urbanisation galopante. Il y a des quartiers au-delà des écoles secondaires alors qu’il n’y a ni eau, ni électricité », rapporte Bourama Badji, qui est arrivé dans cette cité en 2012.
Les lotissements gagnent du terrain. Peut-être un jour, il n y’aura plus de frontières entre Diamniadio et Yenne.

CONSeQUENCES DE LA CROISSANCE DeMOGRAPHIQUE : La location passe déjà du simple au double
De l’autre côté de la nationale 1, en face de la grande porte de la gare-routière, deux hommes sont sous un acacia. Une théière bout à petit feu. ils n’ont pas une mine avenante. La présentation de notre identité n’installe pas non plus la confiance. Lorsqu’on aborde la location dans cette ville, ils s’intéressent. C’est un sujet de préoccupation depuis deux ans. « J’habite là-bas, près des rails. Je paie 7.000 francs Cfa par mois non compris l’eau et l’électricité.  Je suis en train de chercher  une autre chambre», confie Diallo. Ses chances de trouver une chambre dans le même quartier et  au même tarif sont maigres. La croissance démographique, l’ouverture des petites unités industrielles tirent la location vers le haut. Dans les quartiers les plus proches de la nationale, le loyer grimpe d’année en année, au fur et à mesure, que les flux migratoires déferlent sur la ville carrefour.
La course pour la construction des maisons modernes a des fondements d’amortissement des investissements. Dans les quartiers comme Médina Mounawar, Darussalam, et vers la route de Thiès et celle  menant à Mbour, des villas se détachent des anciennes maisons. Elles culminent à trois étages.  « Les tarifs des loyers ont augmenté de façon soudaine. Près des quartiers proches de la route, il faut 20.000 francs Cfa pour obtenir une chambre, alors qu’il y a 2 ans de cela, il fallait entre 6.000 et 7.000 francs Cfa », compare Bourama Sambou. L’urbanisation fulgurante a bien son revers pour ceux qui n’ont pas encore de toit à Diamniadio.

Consequences de l’urbanisation : L’agriculture en sursis sur des terres fertiles
Avec la mise en œuvre des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose, l’activité agricole sera durement affectée dans la zone des Niayes. Même si les agriculteurs ne doutent guère de l’importance des pôles, ils souhaitent pérenniser leurs activités. Mais les zones de cultures se réduisent de jour en jour sous l’avancée implacable des habitations et des infrastructures. L’agriculture n’a pas de beaux jours devant elle sur ces terres fertiles.
Une fois sorti  de Diamniadio, en empruntant la route qui mène vers l’autoroute à péage, un périmètre champêtre attire l’attention des passants. A quelques trois ou quatre mètres de la route goudronnée, cette exploitation, somme toute verdoyante dans ce décor envahi par des constructions divers, s’étend sur toute sa longueur. On peut estimer sa dimension  à un peu plus d’un hectare. Plusieurs arbres fruitiers sont nettement visibles à l’intérieur. Bananiers, cocotiers, orangers, palmiers, des balanites aegyptiaca ( Sump en wolof)  etc. sans compter le poivre et le piment qui peuplent le périmètre.
Trouvé à l’ombre d’un Faidherbia albida communément appelé « Kadd en Wolof », Assane, la trentaine, est le propriétaire de ce champ qu’il a acquis depuis trois ans déjà. Même s’il hésite à nous dire par quel moyen et combien, il a dépensé pour l’avoir, il consent à dire  « j’ai dépensé beaucoup d’argent pour avoir ce périmètre ». En effet, ce champ reste l’une des rares exploitations familiales à jouxter le pôle urbain de Diamniadio qui s’étend sur près de 2.000 hectares. Une grande partie de cette superficie a été mise à la disposition du pôle, affectant grandement l’activité agricole dans la zone. « L’installation du pôle a diminué les activités agricoles à Diamniadio. Parce qu’il occupe une très grande partie des terres où l’on effectuait des cultures saisonnières pendant l’hivernage », confie Djiby Sangole, un détenteur de périmètre agricole à Séby Ponty. Il s’y ajoute que les agriculteurs n’ont aucune idée de la délimitation du pôle urbain qui s’étend entre les communes de Diamniadio, Bargny, Sangalkam et Bambilor.

Tous les propriétaires seront recensés et indemnisés
Aujourd’hui, dans la zone, la plupart des détenteurs d’exploitations agricoles craignent, un jour ou l’autre, d’être dépossédés de leurs terres. Tellement le foncier se fait rare et les besoins n’épargnent guère les exploitations agricoles. « Je suis sûr qu’un jour, je vais quitter mon champ, je ne sais pas encore quand, mais il va falloir qu’on me paie assez d’argent pour le céder à une tierce personne»,  soutien Assane Diouf. Et pourtant, les agriculteurs avaient espoir en leurs activités avec les trois bassins de rétention qui leur permettaient d’accroître leurs revenus. Un projet d’éco-village avait été testé dans la zone, mais l’urbanisation grandissante que connaît Diamniadio et l’implantation du pôle urbain, constituent de grandes menaces pour ces projets. Le président des chefs de village du département de Rufisque, Abdoul Aziz Guèye, avait d’ailleurs élevé la voix, au nom de ses pairs, pour attirer l’attention sur les terres de la zone des Niayes qui seront rudement impactées par le pôle. « C’est la seule zone du Cap Vert où il reste encore des surfaces cultivables et la localité peut, à elle seule, approvisionner tout le Sénégal en produits maraîchers, c’est dire qu’il est important de préserver les terres », avait plaidé Abdoul Aziz Guèye.
Dernièrement, lors d’un forum organisé  dans le village de Keur Daouda Sarr, le délégué général à la promotion des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose, Seydou Sy Sall, avait donné des assurances aux propriétaires terriens et autres personnes qui s’activent dans l’agriculture dans la zone. A cette occasion, M. Sall avait souligné que tous les propriétaires d’impenses se trouvant dans le pôle seront « recensés et indemnisés ». Combien sont-ils, comment se fera les indemnisations et à quelle période ? Ce sont autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses, afin que la mise en œuvre du pôle urbain puisse se faire sans entraves.
REDYNAMISATION DE BUD SeNeGAL : Des voix portent le plaidoyer
A l’heure où les agriculteurs de la zone des Niayes sont dans l’expectative justifiée par la pression foncière, et la progression du front de l’habitat et surtout la mise en œuvre des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose. Aujourd’hui, leur seul espoir repose sur la redynamisation de Bud Sénégal, une zone qui, jadis, faisait la fierté de tous les exploitants et du Sénégal. C’était dans les années 1970 que cette superficie de plus de 1000 hectares était le lieu de rencontre des chercheurs d’emplois du Sénégal. L’exploitation, gérée par une société américaine, employait 3.500 à 4.000 personnes et l’on y cultivait tous les légumes et fruits destinés à la fois, à la consommation locale et à l’exportation. La production annuelle de cette exploitation était estimée à 12. 000 tonnes dans ces terres fertiles de Bud Sénégal. Depuis quelques temps, des voix s’élèvent pour plaider en faveur de sa redynamisation. Une manière de donner un souffle nouveau à l’activité agricole dans la zone des Niayes.

SECTEUR SECONDAIRE  : Le pôle industriel se met petit à petit en place

Moulaye Gueye, maire de Diamniadio : « Malgré la distribution de 10.000 parcelles, la demande est croissante »
La pression foncière est une réalité à Diamniadio qui compte déjà 14.000 âmes. Chaque jour, des personnes originaires d’autres villes et localités viennent chercher des parcelles à usage d’habitation. Au cours de cet entretien, le maire Moulaye Guèye révèle que les 10.000 parcelles distribuées sont loin de satisfaire une demande de plus en plus croissante. L’édile de la ville assure que des dispositions sont prises pour éviter la mal urbanisation.
Monsieur le maire pouvez-vous nous parler de votre commune ?
Il y a 5 à 6 ans, Diamniadio était un gros village. En réalité, c’est à partir de 2009, qu’il a commencé à devenir une ville. Des quartiers étaient enclavés, éloignés les uns des autres. Nous avons commencé à travailler  pour en faire un bloc homogène. Nous avons pu étendre le réseau d’adduction d’eau et d’électricité dans 21 quartiers. Bien sûr, il y a des quartiers qui n’ont pas encore accès à ces services.  Aujourd’hui, la commune est habitée par 14.000 personnes.
En plus de cela, la commune supporte les salaires des infirmiers d’Etat, des sages-femmes et d’autres agents qui sont dans les postes de santé. Chaque année, la commune dégage une enveloppe qui tourne autour de 4 à 5 millions de francs Cfa pour l’achat de médicaments. S’agissant du système éducatif, la commune compte 10 écoles primaires, 3 collèges et un lycée. L’éducation est une compétence transférée. Mais l’Etat n’a pas attribué des moyens aux collectivités locales. Chaque année, la commune affecte une somme de 400.000 francs Cfa pour l’achat de fournitures. A cela, il faudra ajouter l’attribution de l’aide annuelle à tous les étudiants sans oublier la location d’un immeuble à Dakar pour leur hébergement.

Monsieur le maire, votre commune fait partie du Nouveau pôle urbain. Quelles sont les opportunités que vous pouvez en espérer ?
Le pôle urbain est un concept particulier. La commune entretient de bons rapports avec la Délégation spéciale qui s’occupe du projet. Nous entretenons de bonnes relations. Nous avons eu des réunions de travail. Nous avons informé et sensibilisé les populations sur les tenants et les aboutissants de ce projet. Chaque fois que l’occasion se présente, j’exprime les préoccupations des populations. Le président de la République m’a assuré que la ville sera accompagnée en constructions routières, réalisations des infrastructures, assainissement et d’électrification. J’ai eu cette garantie de sa part. Par contre, avec l’explosion démographique, nous avons de réels problèmes de gestion des déchets solides. Nous allons prendre des dispositions pour cela. L’attente « Cadak Car » ne répond pas à nos attentes.

On a remarqué une forte croissance démographique et nous voyons aussi que la ville s’accroit de façon exponentielle et si les infrastructures ne suivent pas, on risque d’aller vers une grande urbanisation. Est-ce que vous avez pris les devants pour prévenir une mal urbanisation ?
Le non respect du code de l’urbanisme est à l’origine des problèmes que connaissent d’autres villes. Que ce soit à Rufisque et surtout à Dakar, nous sommes confrontés à une situation très déplorable. Je crois que nous avons tiré les leçons. Ce qui fait que le premier objectif du pôle urbain, c’est de faire en sorte qu’il y ait une bonne urbanisation de ce pôle urbain. Nous devons, à tout prix, éviter une mal urbanisation que connaissent certains quartiers de Dakar. Et, on veut faire de Diamniadio un pôle urbain modèle à partir duquel, toutes les villes s’inspireront pour disposer de leur propre pôle urbain.
L’Etat en a pris conscience et  il voudrait faire de Diamniadio un modèle de ville où il y a une urbanisation parfaite. Nous sommes conscients de cela. Nous avons initié des projets de lotissement et je crois que nous avons respecté toutes les normes. On ne peut plus vivre la situation comme celle que l’on a vécue à Dakar et Rufisque. Tout est bien loti, morcelé, les équipements sont en place et si l’on se conforme sur tout ce qui a été fait sur les plans de lotissement, je crois qu’on ne vivra plus cette situation que tout le monde déplore au Sénégal.

Comment faire face à de nouveaux défis à savoir le banditisme, l’insalubrité, la gestion des déchets ?
Nous avons réfléchi sur tous ces aspects, parce que nous sommes sûrs que d’ici quelques années, Diamniadio va totalement changer sur beaucoup de plans. Il y aura une explosion démographique. Si l’on se fonde sur ce que nous avons comme sites de lotissement qui vont être très rapidement occupés, cela va faire exploser la population. En général,  l’augmentation de la population  pose des défis d’insécurité et de gestion des ordures. Nous allons réfléchir sur tout cela et prendre les dispositions appropriées et prévoir tous ces problèmes qui ne manqueront pas et progressivement nous allons tout faire pour y apporter des solutions. Actuellement, nous avons un problème d’insalubrité. Parce que l’Entente Cadak-Car, la structure en charge de ce secteur, ne répond pas aux attentes, malgré les importants fonds qui lui sont alloués. Et, je me demande quelle sera la situation si l’on avoisinait les 100. 000 habitants. Je crois que des dispositions appropriées seront prises. Nous sommes en train de discuter sur l’organisation et le fonctionnement de  la structure pour que le département de Rufisque puisse bénéficier des fonds qui sont dégagés pour la gestion des ordures dans la région de Dakar.

Vous devez être le maire le plus sollicité en ce qui concerne le foncier. Comment parvenez-vous à faire face à cette forte demande ?
Diamniadio est une zone d’attraction par l’habitat et par les infrastructures qui sont prévues. Cela fait que nous sommes soumis à une pression excessive des demandeurs d’habitat. Il est fort heureux que nous avons pris des dispositions qui nous ont permis de faire un important lot de lotissements. Aujourd’hui, nous avons pu faire environ 10. 000 parcelles et le problème qu’il y a, c’est qu’on n’a jamais pu satisfaire tout le monde. Malgré les efforts que nous avons faits, les gens continuent à solliciter. L’essentiel, c’est que ces parcelles devront être occupées non seulement par les populations de Diamniadio qui seront les principales bénéficiaires avant que les autres demandeurs ne soient servis. Mais les lotissements permettent aussi aux populations qui vivent à Dakar dans des conditions difficiles d’acquérir un terrain moyennant 1 million de Fcfa. C’est l’importance des lotissements que nous avons faits qui poussent certaines personnes à revendre leurs terres, surtout les propriétaires. Mais comme on dit, le foncier est extrêmement sensible, il y a beaucoup de spéculation et de litiges et ces lotissements peuvent permettre d’attribuer des terrains à de nombreuses personnes.

Apparemment, la commune de Diamniadio vit bien l’Acte 3 de la décentralisation avec les nombreuses sociétés qui sont implantées. Certainement vous allez en tirer profit…
L’Acte 3 est une réforme en gestation. Aujourd’hui, ce qu’il faut dire, c’est qu’on prévoit beaucoup de choses et l’on a beaucoup d’ambitions, mais à l’arrivée, on constate qu’on est passé à côté. Il y a beaucoup de choses qui n’ont pas été faites par rapport aux objectifs, à l’organisation, au fonctionnement, conformément aux réformes de l’Acte 3 de la décentralisation.  L’Acte 3 est une réforme que tout le monde apprécie, compte tenu de tout ce qui a été dit, mais  on s’attend qu’elle soit appliquée sur le terrain. Parce qu’il y a beaucoup de choses à faire sur les incohérences territoriales. On ne sait pas où se trouvent les limites des collectivités locales,…, etc. Si nous prenons le cas de Diamniadio et des autres collectivités locales, nous voyons que nous sommes en litige permanent avec Yène. On ne sait pas où commence Diamniadio, où s’arrête Yène. Il en est de même avec Bambilor. C’est la même situation avec Bargny et Sébikotane. Il y a donc beaucoup d’incohérences qu’il faut régler. Mais aussi avec les réformes, on transfert les compétences, sans transférer les ressources, les moyens. L’Acte 3 qui prévoit d’améliorer sensiblement les ressources allouées aux collectivités locales pourrait être une très bonne chose. Elle pourrait permettre aux collectivités locales de prendre en charge les préoccupations des populations.

POLE URBAIN DE DIAMNIADIO, AUTOROUTE A PEAGE… :  Rufisque craint pour son isolement
L’érection du pôle urbain de Diamniadio constitue un gros risque pour la ville de Rufisque qui craint pour son isolement. Un risque accentué par la construction de l’autoroute à péage. Pour faire face, Rufisque demande un accompagnement de la part du gouvernement.
Rufisque ne voit pas son avenir en rose. C’est le sentiment qui anime de plus en plus certains habitants de la « vieille ville » avec la concentration de plusieurs projets de l’Etat à Diamniadio. Ils sont nombreux à prédire un isolement de Rufisque, si les choses continuent à ce rythme. Les plus téméraires comme l’adjoint au maire de la ville de Rufisque, Daouda Corréa, n’ont pas manqué à le dire au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Mary Teuw Niane et au Délégué général aux pôles urbains de Diamniadio et du Lac rose, Seydou Sy Sall. « Avec l’autoroute à péage, Rufisque est contournée ; aujourd’hui, des centaines de milliards vont être investis à Diamniadio, à deux pas de chez nous. Rufisque n’est pas prise en compte et si nous continuons à ce rythme, Rufisque va être complètement isolée », a souligné M. Corréa.
Lors du comité régional de développement (Crd) tenu dernièrement sur la deuxième université de Dakar, Daouda Corréa s’est pourtant dit totalement en phase avec les projets du gouvernement à Diamniadio, mais il réclame également « un équilibre urbain » à Rufisque, afin d’assurer le développement rationnel du département. En effet, avec l’autoroute à péage, la commune de Rufisque n’est plus un passage obligé pour les nombreux automobilistes qui trouvent là un moyen d’éviter les embouteillages monstres qui ont fini de ternir la réputation de la « vieille ville ». Mais le bonheur de ceux-ci, fait le malheur des Rufisquois qui ont vu certaines de leurs activités battre de l’ail. Surtout certains secteurs de l’économie comme le commerce. De grandes enseignes et autres restaurants faisaient régulièrement le plein, avant l’autoroute. Ce qui n’est plus le cas à l’heure actuelle. Et avec l’érection du pôle urbain où il est prévu la construction d’infrastructures diverses (40 000 logements, une dizaine d’hôtels, un marché d’intérêt national, un  pôle industriel, des hôpitaux et des universités), Diamniadio va bientôt supplanter Rufisque. Un risque pour la « vieille ville », mais que le délégué général au pôle urbain, Seydou Sy Sall, préfère esquiver. « C’est une chance que Rufisque reçoive le pôle urbain », dit-il, ajoutant que ce sont surtout les populations de Diamniadio, de Bambilor, de Bargny, de Sébikotane et de Rufisque qui vont y travailler. « Je ne pense pas que ces équipements puissent porter préjudice à Rufisque », dit Seydou Sy Sall.
Au-delà des retombées économiques que le pôle urbain va générer dans tout le département, la commune de Rufisque souhaite que ses projets soient pris en compte par le gouvernement. Surtout sur le plan culturel et architectural. « Nous avons mis en place une direction chargée du patrimoine et de l’attractivité culturelle, car nous allons restaurer nos monuments historiques qui sont très nombreux ; nous allons travailler pour l’élection de Rufisque comme patrimoine de l’humanité. Sur ce volet, le Pse peut nous soutenir », soutient Daouda Corréa. L’actuelle équipe municipale a même prévu de faire un large plaidoyer dans ce sens, afin que la flamme de Rufisque demeure…pour toujours.
A l’entrée comme à la sortie ou encore derrière les maisons  non loin de la route, les usagers peuvent voir de grandes installations sécurisées par des murs surélevés. Le tissu industriel se met peu à peu en place dans la ville carrefour.
C’est un développement industriel fulgurant que connaît, actuellement, la commune de Diamniadio. En un laps de temps, plusieurs sociétés s’y sont installées faisant aujourd’hui de cette commune un véritable pôle industriel. Ces usines fabriquent ou produisent plusieurs produits de consommation allant de la farine (Olam Sénégal) à la métallurgie (Didier feramise) en passant par la conserverie de poissons (3 Dauphins, Tamou fishing, Delphinus), le plastique (Sodia plast) ou à la production d’engrais ou de produits phyto-sanitaires (Biogen). Même la Sodida y a trouvé une zone de redéploiement, à cause certainement de l’étroitesse de ses locaux à Dakar. Le choix de Diamniadio n’est guère fortuit pour les investisseurs. Car l’autoroute à péage permet d’entrer au port de Dakar ou à l’aéroport en 20 minutes. En plus notamment du pôle urbain de Diamniadio et de son parc industriel qui va bientôt ouvrir ses portes. Seulement, ce ne sont pas toutes les sociétés qui y sont accueillies à bras ouvert. Récemment, une société de production de gaz a été fermée sur décision préfectorale, à cause des nuisances qu’elle causait sur l’environnement. Toutefois, beaucoup de sociétés s’acquittent tant bien que mal de leur responsabilité sociétale en accompagnant, dans leurs activités, la population et les religieux. Et, l’Etat est aussi interpellé pour appuyer la commune. « Diamniadio, c’est la vitrine du Sénégal, c’est l’entrée et la sortie de Dakar. C’est un carrefour international, les autorités doivent tenir compte de sa position géostratégique pour aider le maire et l’équipe municipale. Mais surtout la population pour qu’elle puisse sentir l’avènement du pôle urbain de Diamniadio », souligne Mouhamed Badji, le vice-président du conseil communal de la jeunesse de Diamniadio. Ce dernier espère que les jeunes diplômés seront bien pris en compte avec la mise en œuvre du pôle. Pour l’heure, les jeunes de la localité sont confinés aux travaux de manœuvre.  La délocalisation des industries dans cette ville est une réalité.

Par Maguette NDONG, Bachir SANE, Idrissa SANE et Pape SEYDI 

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